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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

GABRIEL DE PIMODAN ET L'ANTISEMITISME - 1889

12 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Gabriel de Pimodan

 

 

Mon article sur le banquier juif d’Echenay au XIV siècle m’avait donné l’idée de poursuivre sur ce thème. G. de Pimodan n’a-t-il pas vécu au temps de l’affaire Dreyfus ?

 

Bien m’en a pris car voici encore une autre tranche de vie.

 

« Édouard Drumont, né à Paris le 3 mai 1844 où il est mort le 3 février 1917, est un journaliste, écrivain, polémiste et homme politique français, fondateur du journal La Libre Parole, antidreyfusard, nationaliste et antisémite. Il est également le créateur de la Ligue nationale antisémitique de France.

 

Il entre, à dix-sept ans, dès la mort de son père, à l'hôtel de ville où il travaille six mois. Son rêve est de devenir homme de lettres. Il se lance dans le journalisme et entre au Moniteur du bâtiment, puis il collabore au Diable à quatre, un journal Hippolyte de Villemessant (journaliste qui ressuscite Le Figaro en avril 1854). Il travaille parallèlement à L'Inflexible, où il dévoile les secrets de Villemessant, qui le congédie. Il publie des articles dans divers journaux comme La Liberté (où il s'occupe à la fois des reportages, des chroniques littéraires, des études d'art et même la dernière heure au Corps législatif). Drumont reste chroniqueur d'art à La Liberté de 1874 à 1886, où il a pu être engagé grâce à un article qu'il avait écrit sur Emile de Girardin, directeur de ce journal.

 

Au sein de La Liberté, il n'expose pas ses idées politiques. Il révèle ses talents d'historien dans la Revue de la Révolution. Il écrit dans Le Bien Public, mais aussi dans L'Univers, Le Nain jaune, La Presse théâtrale, la Chronique illustrée, Le Contemporain, La Revue de France, Le Gaulois, Le Petit Journal (critique d'art), etc. Il compose les oraisons funèbres d'Emile Pereire et de son frère Isaac. Il se fait d'abord connaître par la publication de plusieurs ouvrages non politiques. Si sa première œuvre littéraire est une pièce de théâtre en un acte, cosignée avec Aimé Dollfus, Je déjeune à midi  (1875), son premier livre publié est Mon Vieux Paris, paru en 1878. L'ouvrage est un parcours commenté de la capitale, émaillé de réflexions empreintes de nostalgie et de regret. Suivent Les Fêtes nationales à Paris (1878) et Le Dernier des Trémolin (1879).

 

En 1885, Drumont publie un opuscule de quarante-trois pages intitulé Le vol des diamants de la couronne au garde meuble. Appelé à la direction du Monde en 1886, il publie, en avril de la même année, La France juive, qui atteint vite la 150e édition, et vaut à son auteur, en même temps que la notorièté, une condamnation à une forte amende et deux duels, notamment avec Arthur Meyer, directeur duGaulois. Drumont publie ensuite, La France Juive devant l'opinion (1886), La Fin d'un monde (1889), La Dernière Bataille (1890), Le Testament d'un antisémite (1891), Le Secret de Fourmies (1892). En 1890, Drumont fonde la Ligue Nationale antisémitique de France. Drumont critique le cosmopolitisme de ce qu'il appelle la race juive, ce qui s'oppose pour lui au nationalisme fort qu'il défend. » ( )

 

Source : Wikipédia

 

Dans « La fin d’un monde, étude psychologique et sociale », Drumont donne une vision très  personnelle de la société de cette fin de siècle.

 

 Il est vrai que le XIX eme fut un moment de grandes transitions pour la politique, le social, le  modernisme, etc…  Nous avons perdu une guerre, une partie du territoire, un fort sentiment de revanche est dans l’air, le monde change et inquiète et il faut des coupables.

 

Drumont a trouvé les siens.

 

Par ailleurs, il fustige le laisser-aller de la société en général, de l’aristocratie qui, à ses yeux, se délite. Bref, pour lui, tout le monde baisse les bras. Lui veut engager la lutte, à sa façon. 

 

« Nous recevons affront sur affront, l'Allemagne fait tirer sur nos officiers à la frontière, l'Italie nous donne le coup de pied de l'âne, l'Europe se partage déjà nos dépouilles, l'Invasion est à nos portes et la Banqueroute va s'asseoir à notre foyer; nous plions sous une dette de trente milliards; les usines se ferment, notre agriculture est ruinée, nos industriels voient peu à peu tous les marchés du monde leur échapper... ()

 

J'ai donné pour titre à mon livre : la Fin d'un monde et non la Fin d'un peuple. Les autres nations, en effet, sont presque aussi malades que nous.

 

Nous agonisons sur un grabat, dans la chambre déjà déménagée d'où l'on a enlevé peu à peu, en même temps que les valeurs et l'argent, toutes les reliques du Passé, tout ce qui parlait à l'âme, tout ce qui rappelait la vie des aïeux. Les Rothschild ont commencé par vider les tiroirs, Hérold a décroché le crucifix, les Juifs Vanderheim et Bloche ont été chargés, sur l'initiative de Lockroy, de vendre les diamants de la Couronne. » ( )

 

J’arrête là cette présentation que les lecteurs intéressés pourront poursuivre et j’en arrive au but de cet article. Dans son livre, il poursuit :

 

« Une souriante et désarmante sincérité dans la frivolité, une conviction profonde que le rôle de l'Aristocratie est fini, tel est le fond des nobles qui jouent un rôle dans la haute vie de Paris.

 

Les meilleurs ont cette impression : je me souviens d'une conversation que j'eus avec M. de Pimodan, qui était venu m'apporter un volume de vers: Soirs de Défaite. C'est un homme d'une très réelle valeur, ancien officier, il a su ne pas être un oisif el il a publié un volume plein de documents curieux : La réunion de Toul à la France.

 

En face du porteur d'un si beau nom, du fils du héros de Castelfidardo,  je fis ce que je fais avec tous ceux avec qui j'ai l'occasion de causer, j'essayai de voir si on ne pourrait pas compter sur lui dans un moment d'insurrection où quelques centaines de vrais Français de tous les partis s'empareraient facilement des banques juives. Je lui montrai combien la situation serait favorable pour préparer un mouvement.

 Il  me tendit son volume et m'indiqua ces vers pleins de tristesse où s'affirment si mélancoliquement la désillusion, le sentiment que tout est inutile, qu'il n'y a plus rien à faire.

 

Nous sommes des vaincus Français et gentilshommes,

 

Deux fois vaincus ! La gloire a quitté nos drapeaux,

 

Le pouvoir a quitté nos mains pâles; nous sommes,

 

Avec nos titres vains, de brillants oripeaux,

 

Des haillons d'hyacinthe et de pourpre que foule,

 

Le pied de l'ouvrier sifflant au gai matin,

 

Et qui, le soir venu, sous les pas de la foule

 

Ne garderont pas même un reflet de satin.

 

D'autres soleils ont lui pour nous. La vieille Terre,

 

Lasse de supporter le poids de nos autels,

 

Impatiente, attend le joug du prolétaire...

 

C'est fini ! N'accusons que les dieux immortels !

 

 

 

Encore une fois il serait à souhaiter qu'un écrivain nous léguât le tableau ressemblant de ce monde, qu'il le montrât tel  qu'il est depuis quelques années, absolument démoralisé, si vous voulez, ou suprêmement indulgent si vous préférez.

 

L'indulgence, en effet, est la caractéristique de cette société. Tout passe. Au moment de quelque gros scandale, tous ces, gens qui ont clé élevés dans une sorte de religion de l'honneur ont un petit soubresaut, quelque chose comme le frissonnement du mouton qui baisse la tête, lorsque la bise secoue trop sa toison, mais ils prennent vite leur parti… »

 

Evidemment, de telles positions déclenchent des réactions !

 

Lucien Darville lui répond dans un ouvrage titré « Un monde nouveau, réponse à Edouard Drumont » la même année. Dans sa préface, il explique :

 

« Nous venons d'achever la lecture du dernier ouvrage de M. Edouard Drumont, intitulé :

 

La Fin d'un Monde, étude psychologique et sociale.

 

Etant donné le talent si original, si connu de l'auteur, l'apparition de ce livre constitue un véritable événement, d'autant plus que M. Drumont commence par se déclarer chrétien et prétend juger les hommes et les choses de ce temps avec la plus grande impartialité.

 

Or, de la première ligne à la dernière, son livre n'est qu'un long cri de détresse dont le trait le plus caractéristique exprime la haine, une haine systématique, non pas de l'esprit juif  pris dans la mauvaise acception du mot, mais de tout ce qui, de près ou de loin, touche au judaïsme proprement dit.

 

Semblable aux sectaires républicains qui voient partout le spectre des jésuites et des cléricaux, M. Drumont ne rêve que des juifs et croit deviner leur influence occulte dans tous les événements passés, présents et à venir.

 

Le plus grand danger des théories ou des allégations émises par M. Drumont réside dans l'art merveilleux avec lequel il les a coordonnées. Cet enchaînement peut faire partager à ses lecteurs le sentiment d'insurmontable découragement (qu'il parait éprouver lui-même, car il rencontrera des adeptes dans les rangs d'une certaine école de catholiques où l'on ne constate déjà que trop souvent un pessimisme que nous nous permettrons de qualifier d’'antichrétien.) »

 

Sur le paragraphe de Drumont concernant M. de Pimodan, il ajoute :

 

« L'aristocratie est finie et elle en est elle-même convaincue, nous dit M. Drumont. Pour prouver cette allégation, il nous raconte qu'il demanda un jour à M. de Pimodan, homme d'une très réelle valeur, si l'on ne pourrait pas compter sur lui pour participer à un mouvement insurrectionnel, ayant pour but de s'emparer des banques juives.

 

M. de Pimodan, pour toute réponse, lui présenta une pièce de vers dans laquelle il avait exprimé sa complète désillusion et sa croyance en l'incurabilité du mal social.

 

Nous ne voudrions pas blesser M. Drumont, mais il nous semble que M. de Pimodan a trouvé là un moyen habile et courtois de faire comprendre à son interlocuteur qu'il ne tenait pas à renouveler envers les juifs, les exploits de Cartouche et de Mandrin. » 

 

Sources :

La fin d’un monde – Edouard Drumont – chez Albert Savine Paris - 1889

Un monde nouveau, réponse à E. Drumont– Lucien Darville – Paris – chez Vic et Amat -1889

 

 

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