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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

FORTEPICE OU LES ECORCHEURS A ECHENAY -1438

14 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

charles 7

Après la levée forcée du siège d'Orléans,  puis de Beaugency, suivi de la victoire française de Patay où de nombreux chefs de guerre anglais sont capturés, Charles est couronné roi sous le nom de Charles VII, le 17 juillet 1429, à Reims, en présence de Jeanne d'Arc et de Gilles de Rais. À partir de ce moment tout tourne en sa faveur. Il reprend la majorité des territoires du nord contrôlés par les Anglais et réussit par le traité d'Arras en 1435 à faire la paix avec le puissant duc de Bourgogne, Philippe le Bon, jusqu'alors allié de l'Angleterre. Charles VII reprend Paris aux Anglais (Paris qui s'était rendu de lui-même au roi en 1436) et finalement toute la France à l'exception du port de Calais (1448-1453). Ses victoires successives mettent fin à la guerre de Cent Ans. (Source: Wikipédia)

 

La fin du conflit laisse la plupart des gens de guerre dans l’inaction. Certains rentreront chez eux, mais d’autres décideront de se transformer en mercenaires, ou, entre guillemets, « de se mettre à leur compte », travaillant, avec leurs hommes, tantôt pour eux, tantôt pour d’autres. Ils ont l’habitude de la guerre, des armes, des conditions de vie difficiles et tout est possible dans un pays ou les plus forts ont raison. D’ailleurs, ils ont tous déjà pratiqué pillages, vols, kidnappings, rançonnages et autres forfaits durant la guerre et cela en toute impunité.

 

Alors se forment les Grandes Compagnies. Qu’on appelle aussi les Ecorcheurs.

Leurs chefs sont, pour la plupart, d’anciens capitaines de guerre. Certains sont même d’anciens compagnons de Jeanne D’Arc.

 

Parmi eux, Jacques de Pailly, bailli de Melun, surnommé Fort-Épice, [est] un des pillards les plus redoutés de cette époque. On le voit en 1429 s'emparer de vive force de Châteauvillain; en 1437, il ne craint pas d'occuper la place de Mailly-le-Chastel qui appartenait au duc de Bourgogne, et de lui imposer une rançon avant de la restituer. L'année suivante, en 1438, il va en Lorraine continuer ses courses aventureuses sous les ordres du comte de Vaudémont.

 

Source : Chronique d’Arthur de Richemont, Connétable de France, duc de Bretagne (1393-1458)   Par Guillaume Gruel à Paris – Librairie Renouard - M DCCC XC

 

Le comte de Vaudémont recommença ses hostilités au mois d’avril 1438 par le château de Haroué, qu’il fit attaquer par un fameux capitaine de ce tems-là, nommé Forte-épice.

Le seigneur de Haroué, Guillaume de Mont-martin, tenait le parti de Vautrin de Thuillieres, qui était en guerre avec le comte de Vaudémont.

Thuilliéres avait pris le parti d’Erard du Chatelet, premier moteur de la guerre. Fortepice pris le château, et y trouva une très grande provision de bouche. Il prit ensuite la forteresse des Chenneis* qui appartenait au sire de Tantonville (1), et était défendue par ce seigneur.

 

* En marge du texte : « peut-etre Chaoilley »  (NDLR : mais il s’agit bien d’Echenay)

 

(1) « sire de Tantonville » : (NDLR :il s’agit du Sire de Dinteville)

 

Source : Histoire de Lorraine par le RP Dom Calmet, Abbé de Senones - Tome V –

M DCC XLV

 

Voici la déposition d’un protagoniste de la prise d’Echenay

 

Le vint sixziesme jour de mars mil quatre cens XXXVIII Messire Jehan BonVallet,

prestre, notaire de Monseigneur le duc de Bourgoingne, agé d'environ XXVII ans, jure et

dispose (sic) par son serement, en la présence de nous Jehan Lescripvain, Guiennot Gentot,

notaires publiques de Monseigneur le duc, les parolles cy après passifiez et déclairiés.

 

Et premier, luy qui parle et dist qu'il est bien racors et souvenant que environ le

XXVI0 jour de may damier passées toitou chastelet forteresse des Chanelz, couchié en ung

lit, quant Fortespice, acompaignié d'environ quatre vins hommes de guerre, prist le dit

chastelet forteresse desdiz  Chasnelz par amblée et par eschielles environ le point du jour.

 

Et incontinant que le dit Fortespice et ces gens furent au dit hostel et forteresse desdiz Chasnelz, ils rompirent tous les couffres, arches et buffectz, et prinrent, pilèrent et desrobèrent tous les biens estans en iceulx, et si firent creanter prison au dit seigneur des Chasnelz et à ces gens. 

 

Et après le dit creant, le dit seigneur demanda au dit Fortespice pour quel cause ne quelle quarelle il prenoit ly, sa maison et ses biens.

 

Lequel Fortespice respondit au dit seigneur des Chanelz qu'il estoit Bourguinon. Et le dit seigneur des Chanelz luy dit qu'il estoit bonne paix entre le Roy et Monseigneur de Bourgoingue.

 

Aquoy le dit Fortespice fist responce qu'il n'en savoit riens et qu'il n'en vouloit riens savoir, et que devant qu'il fut le jour de Noël qu'il prandroit sur duc de Bourgoingne six meilleures places que n'estoit celle des dits Chanelz.

 

Ainsi signé : J. Lescripvaing et G. Gentot.

 

Coppie collacionnée faicte à l'original par nous notaires royaulx.

(Signé:) LEFEAUL.POISSON.

 

Source : Titres de la maison de Rarecourt de la Vallée de Pimodan par Alphonse Roserot - Paris – Librairie Plon - 1903

 

Le château d’Echenay tombait donc aux mains des écorcheurs et, comme nous le verrons dans un autre article, il sera difficile au Sire de Dinteville de reprendre possession de ses biens.

 

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