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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

CONTRIBUTION EXTERIEURE AU BLOG D'ECHENAY

10 Novembre 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

 
 
La recherche sur l’histoire d’un village et de ses habitants  est toujours une affaire personnelle. Pourquoi ce désir d’en savoir plus, pourquoi un village plutôt qu’un autre ?
 
Chacun a sa propre réponse. Mais une fois amassée une multitude de trouvailles, l’envie de les partager devient impérieuse. Pas par souci de reconnaissance mais pour soulever un coin du voile qui recouvre les siècles passés et espérer attirer un peu l’intérêt  de quelques personnes sur un lieu qui vous est cher.
 
Quelquefois, ça marche !
 
Un lecteur du blog, nouvellement installé à Echenay, m’a laissé un jour ce commentaire:
 « Grâce à vous, j'ai appris beaucoup de choses sur ce petit village à la si grande histoire. Et lors de mes balades, à présent, mes pas sont plus lents, mes yeux sont plus aiguisés et mon plaisir est plus grand... »
 
Quel bel encouragement pour les moments où on ne trouve rien.
 
Et puis il y a parfois des contacts  inattendus comme ce correspondant étranger qui se passionne pour la famille de Frénilly, alliée à la famille Pimodan, et avec qui je communique régulièrement depuis longtemps. Au vu de son intérêt pour Echenay, je lui ai proposé de lui laisser la plume pour un article.
Voici sa contribution :
 
François Auguste Fauveau de Frénilly est fascinant à plus d’un titre. Il faut lire ses mémoires. À la façon d’une Eugénie de Montijo contemporaine de Joséphine Baker, il aura traversé règnes et régimes. À la manière des mémorialistes comme Madame de Boigne, il aura su apprécier ou critiquer les acteurs de son temps plus que son temps lui-même. Frénilly est un pont historique ciselé, une voie incontournable à qui désire s’approprier  l’intimité de ce que Talleyrand appelait l’art de vivre.
 
Ses mémoires de jeune parisien bien né, de pair de France ultraroyaliste ou de familier des Tuileries, sont infiniment riches en portraits. Que de figures auraient sombrées dans l’inconnu sans le descriptif de cet auteur, habile écrivain de profils dignes de Carmontelle!
 
Des erreurs? Des exagérations? Un ego icarien? Peut-être ou assurément, d’aucun le considèrent. Mais cet ensemble iconographique nous laisse des pistes de réflexion, des généalogies bien en chair, une vue d’ensemble du qui, du où et du comment.
 
 Prenez un château d’époque Louis XVI meublé et orné d’objets tout en harmonie. Aussi sensuel soit-il pour le visiteur grâce à l’œuvre de l’architecte, des ébénistes et des tapissiers, il faut à ce château le travail d’un interprète pour le bien comprendre, pour saisir ses sons, ses parfums, ses humeurs passés. L’interprète nous aide à exhumer le sens du temps, à faire revivre les lieux. Témoin de son temps, Frénilly agit de la sorte. Cet homme sensible et perspicace, auteur d’opéras, de poésie et de petits contes, est un cinéaste avant son temps.
 
Dans son château de Bourneville près de La Ferté Milon (aujourd’hui commune de Marolles en Picardie), dans ce manoir discret signé Jean-Sylvain Cartaud de l’académie royale, le baron de Frénilly incarne le naturaliste du XVIIIe entouré de ses moutons mérinos.
 
Malheureusement de ce manoir en partie bombardé lors de la guerre 1914-1918, aucune aquarelle de l’intérieur ne semble nous être parvenue. Le Baron  y reçoit une petite cour qui emprunte souvent au salon de Madame d’Houdetot. Des émigrés salivant encore l’Ancien régime, ceux-là même qui avaient coutume de dire ‘Je me regrette’. Des revendicateurs de la toute première Restauration qui croyaient en la valeur de leurs avoirs perdus. Les plus sensibles à la cause des ultras savaient y réciter comme un Pater Noster, les mots de Louis de Bonald. Bien que cette tonalité politique transpire peu des Souvenirs de Frénilly, il nous est permis de l’imaginer. L’auteur des Considérations sur une année de l’histoire de France et les gens de son salon regrettent une société royale chapeautée par Dieu. Une société où se tissent les liens qui unissent les êtres comme en l’arbre de Jessé, une société brutalement brisée par un ennemi qu’il nomme ‘individuellisme, (cet) universel égoïsme, fruit naturel d’un temps qui avait brisé tous les liens.
 
L’ultraroyalisme de Frénilly, fait sourire alors que nous suivons aujourd’hui en occident la mouvance de Tocqueville. Pourtant l’individualisme que notre Baron décriait est toujours d’actualité n’est-ce pas? 
 
Le plaisir des Souvenirs mis en place par François Auguste Fauveau de Frénilly 1768-1848 nous est aujourd’hui permis grâce à l’assiduité de ses écrits épistolaires, ceux que la belle-famille de sa fille Claire eut l’intelligence de conserver peut-être au grenier même de ce magique château d’Échenay. Bonne lecture!
JCDG 
chateau-de-bourneville.png
 
J’ajouterai que le Général de Pimodan passa 8 ans d’une enfance heureuse au château de Bourneville.
 
Merci donc pour cette participation. L’auteur souhaitant garder l’anonymat, je peux faire suivre des messages au cas où un lecteur le souhaiterait.
 
 

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