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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

"AU LOUP !!!" - ECHENAY 1774

20 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Un blog sur l’histoire ancienne d’un village sans parler du loup ? Est-ce possible ?...

 

D’autant plus que la peur du loup revient suite aux récentes réintroductions. Cette semaine encore, un loup était pris en photo en Ardèche (voir presse récente).

 

Peut-être même verrons-nous  bientôt des Lynx en Haute-Marne, les Vosges n’étant pas si loin !

Fin XVIII eme, le loup est très présent vers Echenay.  D’ailleurs, voici un témoignage :

 

loup.JPG

 

 

 

Combien de fois, le cri de « Au loup! Au loup! », cri d'alarme et de terreur, a-t-il retenti autrefois dans nos campagnes. Que de cauchemars, et quelle épouvante le loup fait-il encore naître dans nos esprits ( )…  Il n'y a pas si longtemps, de 1882 à 1907, il était encore détruit en France plus de 9.400 loups.

 

Les vieux documents sont remplis d'anecdotes et de souvenirs sur les loups.  ( )...

 

Le 19 juin 1767, « la Bête du Gévaudan », un loup de 109 livres, à tête énorme, était abattue et c'est à la fin de cette ambiance de terreur où 64 personnes avaient péri que commence notre étude.

 

A cette époque, les Intendants avaient le pouvoir de délivrer des primes aux destructeurs de loups. Ces primes variaient suivant qu'il s'agissait de loup, louve, louve pleine, ou louveteau. Les chasses aux loups ont également été réglées, par deux arrêts du Conseil du Roi en date du 28 février 1773 et 15 janvier 1785. Ces primes étaient en général dans l'Intendance de Champagne, de 10 livres pour une louve, 6 livres pour un loup et 3 livres pour un louveteau. Toutefois, ces indemnités pouvaient être augmentées pour une louve pleine ou dans les cas de loups enragés.

 

Les lieutenants de louveterie percevaient pour leurs destructions des primes doubles. Les primes étaient payées au vu d'une attestation du subdélégué et la preuve des destructions était matérialisée par la présentation du cadavre de l'animal, ou de la peau, ou tout au moins de la tête et des parties génitales dans le cas d'une louve. A titre de contrôle, le subdélégué coupait les extrémités des oreilles.

 

Pour distinguer les louves, il est en général porté : « à représenter la teste et les partie naturelles » d'une louve, ou encore « la teste et la nature d'une louve ». On trouve également d'autres expressions.

 

A Serqueux, « Michel et François Brissey, de la ferme de la Pivotte, ont tué dans la nuit du 13 au 14 janvier 1773 devant leur ferme, un loup et une louve, dont ils nous ont représenté les peaux en entier ».

 

A Rimaucourt, Germain Louis, le 2 janvier 1774 « a présenté les indices et la teste » d'une louve.

 

Dans la subdélégation de Joinville, on rencontre au hasard des certificats : « la tête et la peau », « la tête et les autres marques distinctives », « la tête et la matrice ». Charles Doquin, garde-chasse du Duc d'Orléans « a présenté les oreilles et le bouton d'une louve »  tuée « dans une chasse faite dans la forest du Val sur l'ordre du Conservateur du Prince » le 27 décembre 1779.

 

Les louveteaux étaient souvent apportés « en nature et vivants » devant le subdélégué comme Pierre Paul Constant, garde-chasse du Roy à Valcourt et qui le 21 mai 1786, apporte « 6 louveteaux et louvettes vivants, âgés d'environ quatre jours » qui sont ensuite jetés dans la Marne.

 

Henri Husson, garçon de ferme à Chatonrupt prend vivants le 28 avril 1787, dans le bois du Duc d'Orléans, 4 louveteaux dont un mâle et trois femelles. Il en est de même pour Nicolas Foissey, domestique à Poissons qui attrape 2 louveteaux le 27 avril 1787. Jean Freche, vigneron à Poissons, qui prend « tous vivants » trois louveteaux dans le bois de l'abbaye de Saint-Urbain le 23 avril 1788.

 

Les exemples sont nombreux.

 

Citons encore Antoine Gaillet, fermier de la Grange de Montaubert à Bourbonne, qui prend vivants 5 louveteaux le 31 mars 1783, deux jeunes filles de Coiffy-le-Haut, Marguerite Voillequin et Etiennette Carteron qui dans le bois de Bourbonne, attrapent vivant un louveteau le 6 juillet 1771, et Louis Perdrizet, laboureur demeurant à Serqueux, qui le 2 juin 1769, présente vivante une nichée de 8 louveteaux ce qui est un record.

 

Certains piégeurs, se permettaient même probablement pour s'amuser, d'amener à la subdélégation, des loups adultes encore en vie. Joseph Hanche, cocher du Comte de Ségur, ayant piégé un loup vis-à-vis du château de Leschères, le présenta « tout vivant » à Joinville en 1773. Le 14 novembre 1787, Joseph Audouard, domestique à Joinville, a pris au piège, « dans la prairie de cette ville » une louve et « l'a apporté encore vivante».

 

Quelquefois, lorsque l'animal avait été détruit pour une raison quelconque, le curé du village établissait une attestation pour l'Administration.

 

François Salzard, laboureur à Gillaumé  avait pris au piège, le 25 février 1774, dans les bois communaux, une louve « pleine de quatre petits louveteaux formés » et le curé délivre le certificat suivant:

 

« Je soussigné prêtre curé d'Echenay et Gillaumé, certifie que l'exposé d'autre part est véritable ayant vu en vie la louve, le piège au col, et que les signatures sont celles de mes paroissiens. A Echenay ce 27 février 1774.

 

Signé : Voisin, curé d'Echenay et Gillaumé. »

 

Source : Les Cahiers Haut-Marnais - 1955

 

 

 

 

 

 

 

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