Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Ce blog retrace la petite et la grande histoire d'Echenay Haute-Marne sous forme de petits articles, au fil de mes recherches et découvertes généalogiques.

JOSEPH FABERT ET ALEXINE GUERRIN - ECHENAY 1923

Publié le 6 Mars 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay in Ceux d'Echenay...

Le Petit Provençal - 26 octobre 1923

Le Petit Provençal - 26 octobre 1923

« On a gagné ! » hurla Joseph dès que le facteur rural se fut éloigné un peu.       « Quoi ?... » lui répondit Alexine.      « On a gagné ! Au tirage au sort ! »;      « Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ?... ».       « Mais à la Séquanaise !... Au tirage au sort mensuel de la Séquanaise ! A nous les sous !»

Joseph Marius et Constance Alexine Guerrin se sont mariés le 24 février 1906 à Annonville (52), petit village au Sud-Est de Poissons, le chef-lieu de canton dont Echenay fait aussi partie.

Né le 3 juillet 1880 à Echenay, il est le fils de Jules Isidore Fabert et de Julia Marie Groscolas. De son coté, Constance Alexine est la fille de Jean Baptiste Louis Guerrin et de Maria Célénie Chalin et est née le 24 janvier 1889 à Annonville.

Un peu plus tôt, alors domestique résidant à Montier en Der (52), il avait été déclaré « bon » pour le service malgré un frère sous les drapeaux. Joseph n’avait en effet pas produit les pièces nécessaires en temps voulu. Il avait donc commencé d’effectuer son service militaire au 160e régiment d’infanterie (15 novembre 1901) quand il en fut dispensé et envoyé dans la disponibilité (21 septembre 1902), la déclaration ayant été faite postérieurement à son incorporation.

Lucien (°1908), Marie Louise (°1910) et Léon (°1914), les premiers enfants du couple, sont nés quand l’ordre de mobilisation vient chercher Joseph. Rappelé au 79e RI qu’il rejoint dès le 3 août, il est promu caporal le 21 mai 1915 mais est blessé le 28 juillet suivant d’une petite plaie pénétrante au coude droit par un éclat d’obus. Guéri, il passe ensuite successivement au 29e RI (6 nov. 1916), au 116e RI (16 sept. 1917) puis au 5e Régiment du Génie le 5 novembre 1918. La guerre terminée, il est mis en congé illimité de démobilisation le 28 janvier 1919 et rejoint Echenay où le couple est établi.

 

Après Lucien, Marie Louise et Léon, naîtront Denis (°1918), Suzanne (°1920), Armande (°1922) et Andrée (°1923).

Est-ce pour assurer l’avenir de leurs 7 enfants que notre chef-cantonnier et Alice ont pris ce bon de capitalisation ? Sans doute…

La Séquanaise était un groupe d'assurances français basé à Besançon qui proposait ce type de contrat. « [Il] se matérialisait par un titre, nominatif ou au porteur, qui ne comportait pour son possesseur aucune obligation. Il lui assurait à l'expiration d'une période qui variait selon les sociétés de quinze à trente-trois ans, un capital déterminé. Le titre comportait, généralement après la deuxième année de versement, des valeurs de rachat progressives qui étaient égales au terme du contrat, au montant du capital assuré. Chaque mois un tirage au sort avait lieu, entraînant pour les titres sortants le remboursement anticipé du capital promis. Enfin, dans certaines entreprises, des participations aux bénéfices étaient prévues au profit des adhérents. ». Source :  GEORGES HAMON - Renseignements statistiques sur les sociétés de capitalisation - Journal de la société statistique de Paris, tome 71 (1930), p. 60-70

Joseph et Alexine n’ont donc pas eu à attendre le terme de leur contrat pour toucher le capital qu’ils espéraient, grâce à la sortie du numéro de leur bon au tirage au sort du 15 octobre 1923.

C’était évidemment une très bonne nouvelle pour le couple que cette rentrée d’argent anticipée et il est probable que cela ait un peu aidé Alexine matériellement pour surmonter le coup que le destin allait lui porter 3 ans plus tard.

En effet, Joseph décède prématurément le 29 mars 1926. Alexine se retrouve donc seule pour élever ses enfants.

Le recensement d’Echenay de 1931 nous apprend que la veuve Fabert vit maintenant avec son aîné Lucien, cantonnier comme son père et qu’il a peut-être remplacé, et avec Suzanne, Armande et Andrée. Sans doute pour mettre « un peu de beurre dans les épinards », elle élève également Pierre Roche et Elisabeth Bonnat, deux enfants de l’Assistance Publique nés à Chaumont respectivement en 1926 et 1927.

On y apprend également que leur fils Denis a trouvé une place de domestique à Echenay chez le couple Capitain (cultivateurs) et que leur autre fils Léon s’est fait embaucher à Echenay comme domestique de culture chez Pierre Louviot et sa femme Berthe.

Ainsi va la vie !...

Le patronyme Fabert (variation de faber, représentant la forme latine de févre désignant un forgeron) n'est pas implanté en Haute-Marne depuis très longtemps. Il y arrive vers 1860. SI le père de Joseph est né en Meurthe et Moselle (Battigny), son grand père était originaire de Moselle (Hellering-lès-Fénètrange). Ce nom est maintenant indissociable du secteur et tout le monde connait par exemple Jean Fabert qui a tenu de très longues années le garage / station service entre Echenay et Pancey où ont du passer toutes les voitures, deux-roues et autres tondeuses et tronçonneuses du coin.

Et puis c’est parfois marrant la généalogie villageoise ! On y croise des gens que l’on a connus sans les chercher.

Quand vers 1970, en vacances à Echenay et apprenant à faire du vélo sans les mains devant le lavoir je m’en mettrai « une bonne » (vous savez, la fameuse histoire du 1er passage « sans les pieds », du 2eme passage « sans les pieds, sans les mains » et enfin du 3eme « fans les pieds, fans les mains, fans les dents !!!), c’est « la » Berthe Louviot (comme on dit ici) qui sera appelée à la rescousse pour me donner les premiers soins. Les villageois lui prêtaient en effet quelques compétences médicales qui rendaient bien service à la collectivité. Elle faisait les piqûres, les soins, un peu à mi-chemin entre infirmière et vétérinaire. wink

Droite comme un I sur son vélo d’un autre âge, pédalant à un train de sénateur, elle traversait alors le village et délaissait son mari Pierre toujours assis sur sa chaise devant leur maison quand le temps le permettait ainsi que ses chiens attachés dans la grange, deux espèces de « bergers » à poil long et blanc (et très sales et puants à mes yeux d’enfant !), qu’elle appelait « Les P’tis Chéris ».

Mais c’est une autre histoire, d’autres vies !

Sources :

Rétronews

AD52

AD88

Commenter cet article