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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

"PEPPONNE ET DON CAMILLO" A ECHENAY ? - 1905

21 Avril 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay

"PEPPONNE ET DON CAMILLO" A ECHENAY ? - 1905

La loi de séparation des Églises et de l'État fut adoptée le 9 décembre 1905 et le rapporteur était le député républicain-socialiste Aristide Briand.

Le débat agitait la société Française depuis longtemps déjà. Le premier acte avait eu lieu en 1794 et durant tout le XIXe siècle, cléricaux et anticléricaux (le terme naît à cette époque) s’étaient affrontés, souvent assez durement.

Les élections de 1902 sont un triomphe pour le parti radical-socialiste, allié aux socialistes de Jaurès dans le Bloc des gauches. En juin 1903, une majorité de députés décide qu'il y a lieu de débattre d'une éventuelle séparation et constitue une commission dont Aristide Briand est élu rapporteur. (Wikipédia)

Journal Officiel du 22 avril 1905 (Gallica)

Journal Officiel du 22 avril 1905 (Gallica)

A la 2eme séance du 22 avril 1905 de la chambre des députés et dans le cadre du débat sur le projet de loi auquel participe Jean JAURES, Albin ROZET, député de la Haute-Marne, dépose sur le bureau de la Chambre une pétition signée par 73 habitants de la commune d’Echenay. Un mot sur Albin ROZET : Il fut député de la Haute-Marne de 1889 à sa mort survenue en 1915 dans un accident d’automobile, chose peu fréquente à l’époque.

Bien que je n’ai pas retrouvé cette pétition, il ne faire guère de doute que les signataires s’opposent à cette loi. Ce seul jour, 10 autres députés français déposent également une pétition allant dans le même sens.

La communauté Epinceloise n’a pourtant pas toujours manifestée son attachement à la religion.

En 1843, l’abbé GARNIER, curé d’Echenay, écrivait à son évêque sur des faits de 1842 :

« Le quatrième dimanche de l’Avent, tout paraissait désespéré pour le jubilé. Les femmes mêmes, contre leur coutume, ne venaient à la prière qu’en très petit nombre et pas un homme n’y avait encore mis le pied. Au désespoir, à la vue du mépris que je croyais remarquer en tout le monde pour la grâce offerte, j’ouvre, à la sainte messe, mon cœur à la paroisse avec une telle expression de douleur, que chacun reste interdit, sans que je m’aperçoive de l’impression produite. »

Vous l’avez compris par la dernière phrase, l’affaire trouva un dénouement heureux. Le « retour » de la foi religieuse à Echenay se fit -il à ce moment-là ? (Pour les plus curieux, voir ci-dessous)

Toujours est-il qu’au recensement de 1906, Echenay comptait 57 ménages et 182 habitants dont 75 avaient moins de 20 ans. Restait donc 107 habitants que l’on peut considérer en âge de s’exprimer. Environ 70% de la population avait donc signé cette pétition, marquant ainsi son attachement à l’église et à son représentant local !

Ceux qui auraient pu être les « Don Camillo et Peppone » Epincelois étaient Léon JAPIOT, desservant, et Gabriel de RARECOURT-PIMODAN, maire et châtelain du village. Je ne pense toutefois pas qu’il en fut ainsi car Gabriel de PIMODAN ne peut absolument pas être qualifié d’anticlérical, lui dont le père est mort au service du pape.

En 1906, les sœurs de la rue des ponts étaient Adelaïde PERREY, institutrice libre, et l’infirmière Anna Dallory prodiguait ses soins aux habitants du village. Sont-elles ensuite parties en Suisse comme nombre de leurs consœurs de la congrégation de « La PROVIDENCE » ou se sont-elles sécularisées ?

Je penche plutôt pour cette dernière hypothèse car les plus « anciennes » du village parlaient encore avec ferveur des sœurs qui leur faisaient l’école.

Aujourd’hui, il n’y a plus de curé résidant à Echenay et là, la République n’y est pour rien !

Sources :

Gallica : Journal Officiel

AD52

Assemblée-Nationale.fr

Wikipédia

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