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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Articles récents

PAR UN PETIT MATIN FRILEUX - ECHENAY 1/1/2016

6 Octobre 2016 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

Le château grelotte, le clocher frissonne...

Le château grelotte, le clocher frissonne...

La rue des Ponts

La rue des Ponts

Les maisons se serrent les unes aux autres...

Les maisons se serrent les unes aux autres...

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ECHENAY SUR MER ?... - 7 JUIN 2016

11 Juin 2016 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Climat et Intempéries vers Echenay

ECHENAY SUR MER ?... - 7 JUIN 2016

Depuis quelques semaines, les inondations frappent la France.

Echenay se situe à environ 300 mètres d’altitude et la Saulx qui borde le village à 200 mètres n’a rien d’une rivière capricieuse. Bien sûr, il lui arrive de sortir de son lit lors des hivers pluvieux.

Pourtant, ce n’est pas elle la responsable de ce que montrent ces photos !

Mardi dernier, 7 juin 2016, vers 17 heures 30, un violent orage s’est abattu sur le village. Dévalant le coteau situé au nord du village, l’eau a envahi le centre du pays vers le lavoir qui se trouve être le point le plus bas du village.

L’évènement, s’il n’est pas fréquent, n’est toutefois pas exceptionnel. Le remembrement des années 60 n’a sans doute fait qu’aggraver les effets du ruissellement.

La solidarité des villageois s’est mise en place pour seconder les pompiers accourus pour évacuer toute cette eau. Il y a fort à parier que mes ancêtres ont connu ce genre d’incident mais plutôt dû à la Saulx avant que son cours ne soit modifié.

Il restera quelques photos étonnantes du lavoir, avec un faux air de Venise champenoise.

ECHENAY SUR MER ?... - 7 JUIN 2016
ECHENAY SUR MER ?... - 7 JUIN 2016
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VOYAGER DE JOINVILLE A ECHENAY EN 1788

22 Janvier 2016 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

Je me suis souvent demandé comment faisait le voyageur occasionnel de l’ancien régime pour voyager et se diriger dans des régions inconnues de lui?

Eh bien, il se débrouillait seul, au gré des mauvais chemins pleins de royes*, sans panneau indicateur pour le guider et comptant juste sur l’amabilité des autochtones rencontrés …

Bien sûr, depuis le début du XVIIIe siècle, il existe les cartes de Cassini mais elles ne sont pas destinées au « petit peuple ». Plus tard (vers 1750 et après), Daniel Charles Trudaine, directeur de l'Assemblée des inspecteurs généraux des ponts et chaussées, affinera l’analyse et fournira au Roi le fameux Atlas qui porte son nom, remarquable de précision, mais qui s’attache à cartographier les principales routes de France, laissant dans l’inconnu le réseau secondaire. L’ouvrage n’est pas non plus destiné au commun des mortels.

Alors, comment faire lorsqu’on voulait voyager dans des régions inconnues ?...

Bien avant Michelin et ses célèbres cartes routières, certains auteurs et libraires de l’ancien régime ont eu l’idée de proposer au grand public des ouvrages leur permettant de se guider à travers la France. Mais rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd’hui ! Pas de belles cartes détaillées ! Ce serait plutôt de gros road-books (dont l’utilité n’est plus à démontrer s’ils sont bien faits).

Il se trouve que j’en ai découvert un datant de 1788 et qui va nous guider de Joinville à Echenay.

L’extrême nouveauté amène les auteurs à l’origine de l’ouvrage à donner quelques instructions préliminaires :

« Depuis longtems, le public désire un itinéraire complet de la France, qui lui donne le détail de toutes les routes et chemins de traverse du Royaume, en lui indiquant tout ce que l’on rencontre, tant sur lesdites routes, que ce que l’on aperçoit à droite & à gauche, comme villes, bourgs, villages, hameaux, Châteaux, … C’est pour répondre à son attente que nous avons entrepris l’ouvrage que nous lui présentons. [ ]. Les auteurs qui se sont exercés avant nous sur cette partie de géographie semblent n’avoir travaillé que pour les personnes qui demeurent à Paris, en se bornant à faire partir le voyageur de cette capitale seulement, sans faire mention des routes et chemins de traverse : delà, l’imperfection de leur itinéraire. » [ ] Nous prévenons le lecteur que ce livre n’est ni frivole ni amusant : les répétitions fréquentent & indispensables qui se trouvent dans le corps de l’ouvrage, engendrent une monotonie qui en rend la lecture désagréable. On sera même étonné de la patience qu’il nous a fallu, pour composer et écrire un ouvrage aussi long & si peu récréatif : nous aurions pu adoucir cette monotonie en y mêlant la partie historique ; mais cela auroit rendu cet itinéraire trop volumineux. [ ]

« Quoique nous ayons mis tous nos soins à cet ouvrage pour le rendre digne de paroître devant le Public, nous n’osons nous flatter de n’avoir de n’avoir rien oublié ; en conséquence, nous prions les personnes qui auront des observations à faire, & des renseignements à donner sur les nouvelles routes projetées, de les envoyer, franc de port, au libraire indiqué sur le frontispice ; nous en ferons usage dans la seconde édition. Nous les prions aussi de signer leurs lettres & de mettre leur adresse, afin que nous puissions leur prouver notre reconnaissance ».

Guide routier de voyage - 1788

Guide routier de voyage - 1788

Au-delà du plaisir de lecture, on découvre de nombreux détails. J’y ai même trouvé la confirmation d’un fait que je pressentais : La route que nous empruntons aujourd’hui pour se rendre de Joinville à Echenay n’est pas totalement celle qui était utilisée à l’époque ! Différents indices relevés au fil des registres d’état civil avaient éveillé mon attention et ce livre m’a apporté la réponse.

Comparatif de l'ancien tracé et du tracé actuel

Comparatif de l'ancien tracé et du tracé actuel

Après Thonnance les Joinville, arrivé au Fourneau, la route bifurquait sur la gauche, escaladait la combe, puis plongeait sur la droite en droite ligne vers Pansey en suivant l’arête du plateau. Puis, la Saulx passée sur le petit pont romain qui existe encore, elle remontait vers la route actuelle. Voici pourquoi un ancêtre domicilié à Pansey et dit être « né dans sa maison sur la route Impériale », bien loin de la route principale actuelle.

La route actuelle a préféré suivre le fond de la vallée, épousant les courbes de celle ci avant de déboucher soudainement sur le plateau puis de piquer sur Pansey.

Bifurcation de l'ancienne route au Fourneau

Bifurcation de l'ancienne route au Fourneau

Combien de voyageurs, de colporteurs, ont-ils utilisé cet ouvrage dès sa parution ? Sans doute assez peu.

Mais peut-être a-t-il trouvé sa raison d’être quelques années plus tard quand la révolution française commença à faire se déplacer les gens ?

*Roye : ornière, du verbe royer qui veut dire tracer un sillon. Le mot est encore employé à Echenay.

Sources :

Google livres – « Itinéraire complet de la France ou tableau général de toutes les routes et chemins de traverse de ce royaume » – Paris – 1788 (Chapitre : D’Orléans à Nancy)

AD 52

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QUATRE ANNÉES DE PEINES - ECHENAY 1914 / 1918

16 Janvier 2016 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Guerre 1914-1918

QUATRE ANNÉES DE PEINES - ECHENAY 1914 / 1918

Voilà déjà quelques années que je m’attache à reconstituer sur ce blog l’histoire d’Echenay et à y mettre en scène, autant que faire se peut, les villageois qui y ont participé.

L’histoire, la vraie, est pour moi l’affaire des hommes qui l’ont faite ou de ceux qui l’ont vécue en spectateurs mais qui ont pris la peine de la raconter avec leurs mots et leur cœur, loin des manuels scolaires.

Les archives départementales de la Haute-Marne nous fournissent quelques documents exemplaires, en particuliers ces notices sur la guerre de 1914-1918 qui nous décrivent la vie quotidienne à l'arrière, le passage de réfugiés, la proximité des combats dans le nord du département, la solidarité des populations ou encore la présence de l'armée américaine. Elles ont été rédigées par les instituteurs et institutrices du département en exécution de la circulaire de M. le ministre de l'Instruction publique en date du 18 septembre 1914 et de la note de M. le préfet de la Haute-Marne en date du 10 avril 1920.

Monsieur BERTRAND était alors l’instituteur d’Echenay. Comme les autres, il exécute le travail demandé et laisse un témoignage poignant de ces tristes années. Il reste factuel, ne nomme jamais les gens et parle de lui à la troisième personne quand il a à évoquer son rôle. Il emploie ce ton que l’on retrouve dans la presse de l’époque et où l’on comprend, entre les lignes, que « les temps sont durs mais qu’on ne cédera pas ».

Laissons-lui la parole :

Le samedi 1er août 1914, vers 3 heures du matin, un militaire envoyé par le commandement du recrutement de Neufchâteau apportait en automobile des ordres d’appel individuels à plusieurs réservistes de l’année active et de la territoriale. A 5 heures et demi, ces hommes accompagnés de leurs familles et d’une grande partie de la population étaient réunis devant la mairie où 2 voitures les attendaient pour les conduire à la gare de Soulaincourt.

Ce départ précipité fit bien verser quelques larmes aux femmes et aux mères des mobilisés ; quant à eux, ils partirent bravement, quelques-uns cependant avaient le cœur serré. Le soir à 4 heures, le Maire reçut par télégramme l’ordre de mobilisation générale qui fut annoncé aussitôt au son du tambour et des cloches. L’émotion fut plus grande que le matin. A 5 heures, les affiches de mobilisation furent apposées, les réservistes vinrent en prendre connaissance ; tous étaient joyeux et faisaient des projets : « A Berlin nous ferons ceci… nous ferons cela ». Un père de famille se plaignait de ce que sa femme et ses enfants pleuraient. Les départs eurent lieu le lundi 3 et mardi 4 en chantant.

QUATRE ANNÉES DE PEINES - ECHENAY 1914 / 1918

La déclaration de guerre surprit la France rurale au plus mauvais moment (s’il est possible qu’il y ait un bon moment !), c’est à dire en pleine moisson. Au désespoir de voir partir les hommes à la guerre s’ajouta immédiatement pour les femmes l’obligation de terminer les travaux des champs entamés. Si cela posa de graves problèmes dans certaines régions, Echenay fut, semble-t-il, épargné par ce souci.

Les moissons se firent presque aussi rapidement que d’habitude grâce au concours des vieillards et des femmes. En 1914, des ouvriers des environs de Bussy en chômage vinrent offrir leurs services qui furent acceptés avec plaisir. Les autres années, les cultivateurs furent aidés par des permissionnaires agricoles. La rentrée des fourrages, des betteraves, des pommes de terre, les semailles, les battages se firent dans d’excellentes conditions et presque sans retard.

On le voit, la solidarité se met en place pour remplacer les bras manquants et les chevaux, si utiles aux travaux agricoles, mais que l’armée a réquisitionnés en partie :

Le mardi eut lieu la mobilisation des chevaux. 8 furent emmenés et payés à un prix très rémunérateur, quelques-uns atteignirent 1125 francs.

La vie de ceux restés au pays doit continuer et chacun joue souvent un rôle nouveau en se disant que cela ne durera pas. Mais très vite, la guerre s’enlise, à l’image des soldats dans les tranchées. Il faut bien se rendre à l’évidence : les choses ne rentreront pas dans l’ordre avant longtemps et il faudra trouver des solutions pour tenir jusqu’à la fin du conflit.

D’abord, il faut bien manger…

Les premiers jours de la mobilisation, les 3 boulangers qui fournissaient la commune n’amenèrent plus de pain ; il fallut aller en chercher à Poissons (à 10 kms). Le maire acheta alors de la farine et se prépara à faire cuire pour toute la population, mais quelques temps après, tout se rétablit comme avant la guerre. La commune, bien qu’avec quelques difficultés, put se ravitailler en viande et en épicerie, mais en 1917, les épiciers du pays ayant cessé leur commerce et les ambulants ne passant plus, le sucre du village fut envoyé en mairie par la préfecture et distribué tous les mois par l’instituteur jusqu’à la fin de la guerre. Il en fut de même pour d’autres denrées du ravitaillement telles que : salaisons, riz, lentilles, etc…

Le prix de tous les produits alimentaires s’élevèrent d’année en année comme l’établissent les statistiques d’économie ménagère envoyées à Monsieur l’Inspecteur primaire de Wassy.

A ce sujet, les témoignages des instituteurs des villages voisins nous renseignent un peu plus, comme par exemple celui de Soulaincourt : « Au début de la guerre, les épiciers, merciers, marchands d’étoffe ne vinrent plus dans la localité. Il fallut se rendre chez les commerçants des communes voisines pour s’approvisionner. On manqua de pétrole, de sucre, de café. Les prix augmentèrent et de beaucoup. Exemples: Sucre cristallisé de 1 à 1,30 fr ; café de 15 à 20 frs ; haricots de 0,70 à 0,90 le litre ; pétrole de 0,45 à 0,50 frs. Il en fut de même pour les articles de mercerie. La laine valait 15 frs le kilo. Le coton, le fil furent rares. Il en fut de même pour les tissus et les chaussures. Aucun crédit ne fut accordé par aucun commerçant. »

Les problèmes de la vie quotidienne s’accumulent donc. Puisque les femmes ont remplacé les hommes dans les champs, qui s’occupera des enfants en bas âge dans les maisons ? Une réponse est trouvée :

D’après la demande de Monsieur le Ministre de l’Instruction publique, l’Instituteur public et l’Institutrice privée offrirent de garder pendant les vacances les enfants des mobilisés incapables de rendre service à leurs parents.

Aucun enfant ne fut envoyé à l’Instituteur, l’Institutrice garda 6 fillettes au-dessous de l’âge scolaire. La rentrée des classes eut lieu le 1er octobre. Les institutrices de Gillaumé et de Pansey (villages voisins à 2 kms) ayant été appelées à remplacer des instituteurs mobilisés, ces deux communes furent rattachées à Echenay pour l’instruction, les garçons fréquentèrent l’école mixte et les filles l’école privée ; après quelques mois, les Institutrices reprirent leurs postes et le service fut assuré comme avant la guerre.

QUATRE ANNÉES DE PEINES - ECHENAY 1914 / 1918

Et puis, il y a aussi la vie sociale et administrative du village à continuer d’assurer :

Trois membres du Conseil municipal seulement furent mobilisés ; l’Administration communale ne fut donc pas désorganisée. Le conseil qui avait été convoqué pour le 2 aout se réunit ce jour et, négligeant son ordre du jour, se contenta de formuler des vœux pour les soldats. Pendant toute la durée de la guerre, les sessions eurent lieu régulièrement ; 2 de nos conseillers mobilisés comme GVC* rentrèrent avant la fin des hostilités, le 3eme est mort pour la France.

L’instituteur prêta son concours au Maire et à la population pour la rédaction des laissez-passer, les demandes d’allocations militaires, de renseignements sur les militaires, l’établissement des cartes d’alimentation, cantonnement de troupes, etc…

Avec le concours de quelques personnes de la commune, il aida aussi la receveuse des postes qui n’aurait pu suffire à ce travail, à copier les communiqués officiels qui pendant le 1er mois de la guerre étaient transmis par téléphone pour être ensuite envoyés dans les 9 communes desservies par le bureau d’Echenay.

Carte postale ancienne

Carte postale ancienne

Si la ligne de front n’est pas si loin, du moins n’y a-t-il pas de combat à proximité. Mais la réalité guerrière touche néanmoins le village.

Au moment de la bataille de la Marne, quand les ennemis arrivèrent près de Saint-Dizier, la population eut peur un instant mais la municipalité s’efforça de la rassurer et personne ne quitta le village. (L’instituteur d’Harméville (2 kms) précise que le feu des canons sur Saint-Dizier et Ligny en Barrois était très nettement perceptible malgré la trentaine de kilomètres d’éloignement.)

La commune ayant été survolée par des avions ennemis (menace inconnue jusqu’alors !) qui bombardèrent Joinville, Bussy et le petit village de Saudron à 4 kms, l’autorité militaire ordonna de voiler toutes les lumières.

En septembre 1914, des réfugiés de la Marne en assez grand nombre traversérent le village ; une vingtaine y restérent pendant 1 mois environ ; En février 1916, on vit à nouveau passer de longs convois d’émigrés venant ceux-ci de la Meuse et des Ardennes, quelques familles avaient l’ordre de s’arreter à Echenay où elles sont restées jusqu’en février 1920. La population a fait à tous ces malheureux un accueil sympatique ; à leur arrivée, c’était à qui leur offrirait du pain, des provisions, des lits, etc… et plus tard, ils trouvérent toujours du travail.

Le temps passe et la rapidité de la progression allemande fait peur : « Et s’ils bousculaient nos troupes et envahissaient le pays ?... » On se méfie…

Pas un instant l’ordre public ne fut troublé dans la commune ; il ne fut donc pas nécessaire d’assurer la sécurité. Aucun fait d’espionnage.

QUATRE ANNÉES DE PEINES - ECHENAY 1914 / 1918

Seul le travail permet d’oublier la réalité. Heureusement, faute d’industrie dans le village, il n’y eut aucun chômage dans le pays, tous les bras disponibles étant occupés à la culture et à l’élevage et très peu de terres restèrent incultes.

Une année s’écoule encore. Chaque foyer fait face au quotidien comme il peut mais l’absence des hommes est cruelle. Faute de main d’œuvre, de l’argent serait bien utile.

Presque toutes les familles des mobilisés demandèrent et obtinrent les allocations militaires prévues par la loi du 5 aout 1914. La municipalité fit distribuer aux nécessiteux des secours sur les fonds du bureau de bienfaisance. Il n’y eut donc aucune misère dans la localité.

Dans la plupart des familles d’avant-guerre, l’homme est le seul qui travaille. Or lorsque ceux-ci sont envoyés au front, la femme et les enfants se trouvent immédiatement sans aucune ressource. C’est pourquoi la loi du 5 août 1914 prévoit dans ce cas de figure qui concerne une grande partie de la population, un versement d’allocations pour les familles remplissant certaines conditions.

Cette mesure n’est pas sans susciter parfois des jalousies dont Echenay semble avoir été épargné. (« Une veuve nécessiteuse dont les trois fils sont sur le front demande l’allocation. Immédiatement, tout le village (dont le maire) lui est hostile. » (Gillaumé 1915))

La guerre est maintenant durablement installée. Proche du front, Echenay voit défilé les bataillons qui montent ou reviennent du front. Ils font souvent halte dans le secteur.

Le village logea souvent des troupes ; Quelques unités y séjournèrent assez longtemps, les unes au repos, les autres réparant les chemins ou faisant le ravitaillement. Le château et une maison bourgeoise vastes et commodes reçurent souvent l’Etat-major.

Un bataillon se logeait facilement et dans de bonnes conditions dans le village. Les troupes qui furent toujours très bien accueilies par la population se plaisaient beaucoup à Echenay. Deux fois aussi des troupes américaines séjournérent dans la localité ; comme c’était en été, elles campérent plutôt en dehors du village : les chefs seuls furent logés chez l’habitant ; néanmoins, de très bons rapports s’établirent entre les soldats alliés et la population. Les enfants surtout devinrent très vite leurs amis. Ces américains venaient de reprendre Château-Thierry et avaient perdu beaucoup de leurs hommes. Ils firent célébrer à Echenay un service pour leurs morts. Le curé catholique et leur pasteur protestant y prononcérent chacun un discours qui furent traduits par l’interprète.

Et il y a ces blessés qui transitent par la gare de Soulaincourt

Les dames et les jeunes filles allèrent souvent la nuit porter des friandises aux blessés qui passaient en gare de Soulaincourt (à 3 kms).

Monument aux morts d'Echenay

Monument aux morts d'Echenay

On aimerait en savoir plus mais l’instituteur s’arrête là dans son évocation de cette guerre.

Ces quelques lignes supplémentaires me serviront de conclusion.

Ainsi, une vingtaine d’hommes d’Echenay partirent au moment de la mobilisation ; 15 autres furent appelés par la suite soit donc 35 mobilisés pour une population de 170 habitants. Sur ce nombre, 10 sont morts pour la France – 3 ont été faits prisonniers – 7 ont été blessés – 5 ont été l’objet de citations – et 4 ont été décorés de la Croix de Guerre. Il y a au pays 2 veuves de guerre et 6 orphelins.

Et il ajoute, fier de ses concitoyens :

Les habitants d’Echenay se montrèrent très généreux pour les soldats, les alliés, les orphelins, etc… Des sommes importantes furent recueillies à toutes les quêtes et ventes d’insignes. Sur la demande de Monsieur l’Inspecteur d’Académis, une collecte fut faite pour l’œuvre du vétement du soldat ; elle fut très fructueuse et un énorme colis de vétements chauds put être envoyé à Monsieur l’Inspecteur de Wassy. La plupart de ces tricots furent confctionnés par les dames et demoiselles, aidées par les plus grandes éléves des écoles. Les enfants renoncèrent à leurs tombolas du 14 juillet et envoyérent avec l’argent du tabac aux militairesde la commune ; A l’occason de Noël, ils se cotisérent pour offrir des douceurs aus soldats et des jouets aux petits réfugiés.

Braves villageois d’Echenay ! Comme le roseau de la fable, ils ont plié mais pas cassé devant « le Boche ». Et la tempête passée, ils ont fierement redressé la tête.

Ils avaient surmonté l’ultime épreuve… Celle de la Der des Der !

Du moins le croyaient-ils !...

*Garde des voies de communication : on craint les sabotages et l’on veut préserver les moyens de transports de troupes et de matériels.

Source : AD52

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ANTOINE OU CUNY ?... - ECHENAY 1832

1 Décembre 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Nicolas est né le 10 septembre 1771 à Saulxures les Bulgneville (Vosges 88). Il aurait pu être manouvrier ou laboureur comme son père mais la grande histoire en décida autrement.

Quand on a vingt ans en 1791, qu’on dispose de la vigueur de la jeunesse, que les esprits bouillonnent autour de vous, il n’est pas possible de suivre la trace de ses ancêtres !

Et puis, la Nation est en danger…

Alors, Nicolas CUNY s’engage dans le 1er bataillon des Vosges qu’il incorpore le 10 aout 1791.

Dès lors commence une vie de militaire longue de 24 ans 3 mois et 4 jours qui l’amènera à traverser la France de long en large, mais aussi l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, la Russie, la Saxe, pour une carrière qui prendra fin sur un coup de canon à Arcis sur Aube le 21 mars 1814.

Mais revenons un peu en arrière…

Le 20 décembre 1792, quittant le 1er bataillon des Vosges, il intègre le 2e régiment de cavalerie. Il y fera toutes les campagnes jusqu’au 9 germinal An IX (30 mars 1801), date à laquelle il devient Grenadier à Cheval de la Garde. Sans doute n’est-il pas insensible au Premier Consul, son aîné de 2 ans. Et puis l’uniforme est beau…

Les Grenadiers à cheval de la Garde à Eylau. Huile sur toile d'Édouard Detaille, 1893, collection du musée Condé de Chantilly.

Les Grenadiers à cheval de la Garde à Eylau. Huile sur toile d'Édouard Detaille, 1893, collection du musée Condé de Chantilly.

L’Europe devient son terrain de jeu. Enfin, façon de parler… Déjà le 14 juin 1800, un Autrichien belliqueux lui assène un coup de sabre sur la tête. Mais les Vosgiens ont la tête dure !

Même les cosaques et les glaces de Russie n’auront pas raison de Nicolas. La Bérézina est plus large que le ruisseau de Conge qui baigne Saulxures mais elle ne l’empêchera pas de rentrer en France…

Du courage, il en a ! Les batailles, les bivouacs précaires, les longues marches, il connait ! Mais il encaisse ! L’armée, c’est sa vie, presque sa famille, bien qu’il soit marié avec Jeanne Rémy, native de Lezéville et qu’il ait un fils…

En 1813, Napoléon le remarque et lui donne la Légion d’Honneur.

ANTOINE OU CUNY ?... - ECHENAY 1832

Il lui faut alors remplir quelques formalités dont la présentation d’un acte de naissance.

Mais Cuny est-il son vrai patronyme ?

C’est là encore une des choses curieuses qui émaillent sa vie. Lui qui s’est toujours fait appeler Cuny, qui s’est engagé sous ce nom, découvre que son vrai nom est Antoine. Pourtant, tout Saulxures nommait son père Cuny et lui aussi, il l’affirme … Il s’avère en fait qu’il s’agissait d’un sobriquet ! Il faudra un acte de notoriété dressé par Monsieur Bernard, maire de Saulxures, pour confirmer que son vrai patronyme est Antoine et non Cuny.

Et puis son extrait de naissance remis à la Chancellerie indique faussement qu’il est né le 10 décembre 1769.

Peu importe, Antoine ou Cuny, 1769 ou 1771, l’important est de servir le « Petit Caporal » !...

L’Espagne, l’Allemagne, la Russie défilent sous les pas de son cheval durant plus de 10 ans. Sorte d’immortel…

Le 21 mars 1814, Nicolas est à Arcis sur Aube, fidèle, au côté de Napoléon qui livre bataille aux armées coalisées. Il ne le sait pas encore mais ce sera sa dernière campagne. Blessé d’un coup de canon, sa carrière de militaire se termine. Mais sabre ou canon, rien n’arrête Nicolas Cuny / Antoine !...

En novembre 1815, il est à Tours où les visites médicales se succèdent. Un premier examen révèle des rhumatismes, une faiblesse respiratoire et une aphonie régulière. Le chirurgien qui l’examine conclut qu’il est « entièrement usé par les fatigues de la guerre ». Un autre examen passé sous le contrôle du Comte Dumas de Polard confirme la chose. On le déclare bon pour la retraite.

On lui remet 21 francs 75 dus au titre du 2e semestre 1813 et 9 francs 42 pour le 1er semestre de 1814.

Peut-être est-ce après cette convalescence, sur la route du retour vers Saulxures les Bulgneville, qu’il fait halte à Echenay. Il est possible également, sa première épouse étant de Lezéville, qu’il ait décidé de revenir dans ce petit coin de Haute-Marne. C’est à Echenay qu’il rencontre Marguerite Collas. Elle n’est plus une « jeunette » (elle a 40 ans) mais le Grenadier à cheval n’est plus très fringuant non plus, on l’a vu ! De plus il est maintenant veuf de sa précédente épouse, décédée le 14 décembre 1815 à Paris IXe, et donc libre.

Le 12 juin 1816, il épouse Marguerite. Elle est cabaretière à Echenay. Il est loin du vacarme des champs de batailles mais il y a quand même un peu d’animation de temps en temps, quand les villageois viennent boire un coup ! Néanmoins, la vie est dure !

Le 5 novembre 1818, il fait écrire au Grand Chancelier de la Légion d’Honneur par le maire d’Echenay, lettre contresignée par le Comte de Pimodan (pourtant certainement fervent royaliste), pour expliquer qu’il « est hors d’état de service militaire et en même temps, hors d’état de travailler [ ], qu’il ne jouit que de la bienfaisance de Sa Majesté Louis XVIII qui lui accorde une pension de 115 francs par an ce qui ne peux suffire à sa subsistance et à celle d’un enfant de 10 ans » (certainement son fils issu du premier mariage).

A-t-il était entendu ? Peut-être puisque la lettre figure dans son dossier. Mais comment accepte-t-il le fait que ses subsides lui soient octroyés par la Royauté alors qu’il a dédié sa vie d’homme à Bonaparte ? Sans compter le renversement populaire des gens, nombreux, déçus par l’Empire ! Dès 1815, des voix s’élèvent pour condamner l’épopée Napoléonienne.

Voici un exemple extrait de ce qu’on peut lire dans un livre de l’époque. La scène se passe dans un café du sud Haut-Marnais et l’auteur, qui préfère rester anonyme (on est jamais trop prudent !), « roule » pour le Roi :

Jérôme : C'est aujourd'hui Dimanche, j'ai la cocarde blanche à mon chapeau, pourquoi ne la portes-tu pas au tien?

Anselme : Je compte, d'après tout ce que j'entends dire, qu'il faut encore attendre.

Jérôme : Qu'y a-t-il à attendre? Est-ce que nous n'avons pas notre bon Roi, est-ce que la paix n'est pas faite, est-ce que nos enfans ne sont pas revenus, est-ce que cette cocarde n'est pas celle que nous avons portée dans notre jeunesse ? [ ].

Anselme : J'en conviens ; mais depuis que Bonaparte est venu en France, qu'il a fait de si grandes choses avec la cocarde aux trois couleurs, depuis qu'on dit qu'il est prêt encore à revenir pour reprendre son trône, vois-tu, Voisin, on ne sait que faire.

Jérôme : Est-ce que tu donnes dans tout ce qu'on dit? [ ] Quand il étoit à Moscou avec 500 mille Français [ ], il a tout perdu et s'en est revenu seul: dix mois après, il étoit avec 400 mille hommes au cœur de la Saxe, il a encore tout perdu et a regagné seul Paris pour redemander des hommes et de l'argent. On lui en a donné tant qu'il en a voulu et cela n'a pas empêché que la France n'ait été envahie et que nous n'ayons été maltraités par des nuées de soldats étrangers. Il est revenu au mois de Mars de son Ile, on a eu la bêtise de croire que c'étoit pour notre bien, on lui a redonné hommes et argent ; Qu'en a-t-il fait? Dans une seule bataille, il a encore tout perdu, il a abandonné de nouveau son armée et a voulu se sauver avec les trésors de la France ; mais il a été pris par les Anglais et conduit dans une Ile qui est si loin de nous qu'il n'en reviendra plus, je t'en réponds.

Anselme : Cependant il a encore bien des gens pour lui, et il faut croire que son retour n'est pas impossible.

Jérôme : Mais qu'a-t-il donc tant pour lui? Ou des imbécilles qui raisonnent de ce qu'ils ne connoissent pas, ou des forcenés qui ne se plaisent qu'au désordre, ou des nouveaux enrichis qui n'en ont jamais assez et qui enragent de ne plus voler la nation. [ ]

Anselme : Néanmoins, on tient que Bonaparte est un grand homme et que s'il n'avoit pas été trahi, il auroit chassé l'ennemi et nous auroit fait plus de bien que nous n'avons essuyé de mal.

Jérôme : C'est là un conte, mon cher Anselme, auquel il n'est plus possible de croire, après tout ce que nous avons éprouvé. Bonaparte a régné dix ans ; il avoit bien assez de temps pour nous faire du bien, s'il en avoit été capable; Eh bien qu'a-t-il fait? La guerre aux hommes, à la religion, à nos bourses.

Anselme : Comment se fait-il néanmoins que tant de Gens le regrettent ?

Jérôme : Ceux qui le regrettent ont des motifs différens, mais ce n'est pas pour le bonheur de la France. [ ]

Anselme : Mais il y a aussi des militaires, bien de braves soldats qui regrettent son règne.

Jérôme : Ce sont des insensés qu'un faux amour de la gloire, l'esprit d'indiscipline, l'appât du butin et de l'avancement militaire enivrent encore et aveuglent; mais ils ne tarderont pas à reconnoître leur erreur.

Source : « CONVERSATION POLITIQUE ENTRE DEUX PAYSANS DE LA HAUTE-MARNE, RETENUE ET PUBLIÉE EN MARS 1816, PAR UN OFFICIER DE LA GARDE URBAINE A LANGRES » - Chez LAURENT- BOURNOT Imprimeur – Libraire - 1816

Nicolas a-t-il entendu ce genre de discussion dans son cabaret d’Echenay ? Possible ! Son sang ne devait faire qu’un tour ! Enfin, la vie s’écoule. Une quinzaine d’années passe, misérablement…

Ce que des années de services sous les intempéries, des dizaines de milliers de kilomètres à pied et à cheval, des centaines d’Autrichiens, de Russes, d’Allemands n’ont pu réaliser, une microscopique bactérie l’a probablement fait.

Le 4 septembre 1832, à une heure du matin, le choléra qui sévit encore un peu à Echenay l’emporte. Nicolas a 61 ans. Son organisme est usé par tant de campagnes et la maladie a fait le reste.

Marguerite Collas, sa veuve, et Jean Antoine, son fils à nouveau parisien, se partagent respectivement 34,75 frs et 84,70 frs en paiement des arriérés de sommes dues au titre de l’année 1832.

Napoléon et l’Empire ne sont plus qu’un souvenir, Nicolas est maintenant un cadavre comme il en a tant vu… Sa « Bérézina » à lui !

De lui, il ne reste que quelques états de service.

ANTOINE OU CUNY ?... - ECHENAY 1832

Sources :

AD52

AD88

Base Léonore

Mémoire des Hommes - Parcours Individuels

Gallica

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LE DÉVOUEMENT DE LOUISE REMY - ECHENAY 1832

26 Novembre 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

LE DÉVOUEMENT DE LOUISE REMY - ECHENAY 1832

En 1832, le département de la Haute-Marne eut à faire face à un terrible fléau : le choléra.

Celui-ci se déclare d’abord à Paris à la fin de l’hiver puis se propage, lentement mais surement.

Dès le début avril, le Préfet de la Haute-Marne prend, à titre de précaution, des mesures pour limiter l’épidémie.

Le Préfet [de Haute-Marne] adressait, en date du 4 avril, aux maires du département, une circulaire dans laquelle il indiquait les précautions à prendre. Il nommait, dans chaque canton, des commissaires chargés de faire des tournées pour veiller à l'exécution des dispositions que sa circulaire contenait, et faisait publier, par ordre du gouvernement, une «Instruction populaire sur les principaux moyens à employer pour se garantir du choléra-morbus et sur la conduite à tenir lorsque cette maladie se déclare.

[Le choléra] qui, jusque dans les premiers jours de mai, avait épargné la Haute-Marne, allait y paraître.

Déjà, mais sous toutes réserves, les journaux avaient enregistré quelques alertes : « Le 26 avril, deux cas de choléra s'étaient déclarés à la campagne, sur des laboureurs, l'un à Manois et l'autre à la ferme de Saint-Hubert, près d'Andelot. Le 6 mai, un homme des environs de Joinville, ayant ressenti des coliques, s'était cru perdu.

En réalité, le choléra éclatait à Saint-Dizier le 7 mai et causait deux décès le 8. Le 9, un cordonnier tombait malade à Hoëricourt, il mourait douze heures après.

Au 8 juin, il y avait eu, à Saint-Dizier, 423 cas et 187 décès. A Villiers-en-Lieu, du 23 mai au 8 juin, 64 malades et 23 décès. En juin, la maladie s'étendant successivement à Wassy, Louvemont, Montier-en-Der, Villiers-au-Bois, Anglus, Sauvage-Magnil, Louze, Bailly, Rozières, Joinville, Ceffonds, les opérations du tirage au sort durent être ajournées

Fin juin, le choléra atteint Echenay. Jean Baptiste Jacquinot est la première victime. On l’enterre le 27 juin. Deux jours plus tard, Marie Madeleine Jacot le suit dans la tombe. C’est le début d’une longue série qui durera jusqu’au 29 juillet. Pas moins de 14 personnes seront emportées, soit un décès tous les 2 ou 3 jours. Fin juillet, « la faucheuse » décide de quitter Echenay après avoir moissonné son dû.

Au 8 août, l'arrondissement de Wassy (dont Echenay faisait partie) avait eu 82 communes atteintes, 4.294 malades, dont 1.313 décès, payant le plus lourd tribut. L’arrondissement de Chaumont avait eu 11 communes atteintes, 140 malades et 35 décès et celui de Langres, 4 communes atteintes, 109 malades et 66 décès.

En ces temps terribles, l’épidémie avait révélé les natures humaines : Dénonciations pour soupçons d’empoisonnement de l’eau, lynchage, meurtres, etc… avaient émaillé le quotidien des grandes villes. Sans doute en a-t-il été parfois de même dans certaines campagnes…

On sait maintenant qu’il fallait chercher ailleurs les raisons de cette tragédie.

« Malgré les circulaires administratives, malgré les recommandations des Commissions d'hygiène cantonales et communales, par la plus coupable incurie, les villages restaient dans un état de malpropreté révoltante. Les fumiers séjournaient devant les maisons, dans les rues fangeuses, et l'on n'avait aucun souci de curer les mares où croupissaient les boues infectes. Nul préparatif pour combattre l'épidémie; pas de service organisé pour le traitement des malades; pas de médicaments, pas de médecins, pas d'infirmiers; aussi, l'épidémie ne rencontrant point d'obstacles, propageait ses ravages avec toute la rapidité d'un torrent. On tombait dru sans possibilité de recevoir le moindre secours. »

« Sans doute, l'époque douloureuse que le département venait de traverser avait vu bien des faiblesses, mais il faut le dire à l'honneur de notre pays, elle avait compté nombre d'actes généreux. »

Louise Rémy, fille légitime Philippe Rémy et de Marguerite Labrouvois, est née le 28 avril 1765 et a été baptisée le lendemain.

Pour dire vrai, ce n’est pas la première fois que je croise la famille Rémy dans mes recherches. Une sœur de Louise, Marianne Rémy a eu une bien belle tombe au cimetière d’Echenay. Tombe qui avait retenu l’attention d’Emile Humblot, homme politique local et membre du Conseil supérieur des monuments historiques mais aussi inspecteur de la société française d'archéologie.

Mais revenons à Louise !

Le 20 thermidor An IV (7 août 1796), elle épouse François Bertrand, manouvrier âgé de 54 ans, de la commune également. Louise a alors 31 ans. Sans doute vécurent-ils une vie difficile avec leur condition de manouvriers.

Mais c’est en juin 1832 que Louise fera parler d’elle. Au moment de l’épidémie, elle a alors 67 ans…

« Une veuve Rémy-Bertrand, de la commune d’Echenay, s’était si particulièrement distinguée, que le Préfet lui fit remettre une récompense.

Durant toute l’épidémie, cette femme âgée et presque sans ressources avait donné ses soins aux malades, enseveli les morts que personne n’osait approcher. Elle avait été jusqu’à sucer le lait d’une femme nourrice atteinte du choléra et que l’engorgement des seins réduisait à un état alarmant. »

Comme le prédisait Andy Warhol, Louise Rémy aura eu son moment de célébrité puis retournera à son anonymat.

Le jeudi 23 janvier 1845, Louise s’éteint à l’âge de 80 ans. Ce sont un petit neveu par alliance et un voisin qui déclarent son décès à la mairie.

170 ans plus tard, je suis heureux de la remettre en lumière.

Acte de décès de Louise Rémy - Source: AD52

Acte de décès de Louise Rémy - Source: AD52

Marianne puis Louise…

Comme je le disais à la fin de mon article sur la tombe oubliée de Marianne, serait-il possible que les morts nous appellent parfois pour conter leur histoire ?

Sources :

  • Gallica
  • Annales de la Société d’histoire, d’archéologie et des Beaux-Arts de Chaumont – 2eme volume – 1900 / 1905
  • AD52
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5 ANS DE LA VIE D'EMMA DE COURONNEL - ECHENAY PARIS - 1855 1860

20 Novembre 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Emma de Couronnel

Au cours de mes recherches, il m’est souvent arrivé de lier des liens virtuels particuliers avec certains des personnages rencontrés dans les registres sans pour cela qu’ils fussent de mes ancêtres.

Pourquoi a-t-on envie d’en savoir plus sur la vie de quelqu’un qui ne figure pas dans son arbre généalogique ? Je ne sais pas… C’est pourtant le cas avec Emma de Couronnel.

Georges de Pimodan et Emma de Couronnel acquirent le château d’Echenay en 1858 suite au décès de Camille de Pimodan, son père. Georges prolongeait en cela la lignée de ses ancêtres qui possédaient le château d’Echenay depuis l’année 1680.

Si la vie du (futur) Général de Pimodan, est bien connue, il n’en est pas de même de celle d’Emma, son épouse, qui afficha, semble-t-il, une grande discrétion tout au long de sa vie. Alors, qu’écrire ?

On dit que le hasard fait bien les choses… Alors que je ne cherchais plus vraiment, deux découvertes bien éloignées des choses généalogiques vinrent relancer mes recherches, plus ou moins au point mort depuis un certain temps : une photo et un dessin !

Il me semble qu’il est maintenant possible d’envisager d’écrire une petite tranche de l’histoire de sa vie ! J’avais déjà retrouvé une photo de son buste sculpté mais jamais de photographie.

La photo est issue d’un catalogue de vente aux enchères de la maison Collin du Bocage intitulée « Souvenirs historiques ». Cette photo, la voici :

Emma de Couronnel à gauche et sa belle-fille

Emma de Couronnel à gauche et sa belle-fille

Emma de Couronnel est née le 29 octobre 1833, fille d’Aimé-Charles-Raoul, Marquis de Couronnel, Gentilhomme de la Chambre de Sa Majesté le Roi Charles X, et de la Princesse Marguerite-Pauline-Emmanuelle de Montmorency-Laval.

Evoquer les parents d’Emma et leurs origines est absolument impossible ici. Disons simplement qu’ils puissent leurs racines dans l’histoire de France et que l’étude de leurs quartiers de noblesse suffirait à remplir plusieurs livres.

Sa mère, par exemple, descendait de la Maison de Montmorency, famille ayant donnée six connétables, douze maréchaux, quatre amiraux de France, un cardinal de l’Église catholique, des pairs de France et d'autres grands personnages dans l'entourage des rois de France du XIe siècle au XIXe siècle.

« C’était, dit-on, une excellente personne, sans brillant dans l’esprit, mais pleine de sens et d’usage du monde, ayant de beaux traits, un teint éclatant, l’aspect très noble malgré sa taille lourde et sa démarche embarassée par une boiterie légère que l’âge accentua peu à peu ». (1)

Mais revenons à Emma :

« Dans un des rares séjours qu'il faisait à Paris, [Georges de Pimodan] avait rencontré une charmante jeune fille dont il s'était épris, Mlle de Couronnel. Il l'épousa, et résolut de résider désormais en France [ ]. » (Source : Revue des questions historiques / Marquis de Beaucourt. 07/1928.)

Le 24 mars 1855, il y a foule devant Me Jean Baptiste Eugène Thiac et Me Angélique François Bercéon, notaires à Paris. C’est aujourd’hui qu’est rédigé le contrat de mariage entre Auguste Élie Marie Georges Rarécourt de La Vallée, comte de Pimodan, demeurant à Paris chez ses père et mère, rue de Bellechasse n° 6, et Mademoiselle Emma Charlotte Cécile de Couronnel, demeurant à Paris chez Madame la marquise de Couronnel, sa mère. La liste des témoins des futurs est impressionnante et serait trop longue à énumérer. Pas moins de 30 témoins pour le marié, 36 pour elle et 5 amis communs.

Le 29 mars suivant, le mariage a lieu à la mairie du 10eme arrondissement de Paris et la cérémonie religieuse me semble se dérouler à en l’église Saint Martin des Champs, toujours à Paris.

Peut-être y a-t-on dit, reprenant la phrase de la Marquise de Bellisen : « On se marie beaucoup cette année, surtout les hommes !… »

Georges Rarécourt de La Vallée de Pimodan, né le 29 janvier 1822 à Paris, était le fils de Camille de Rarécourt de la Vallée de Pimodan et de Claire Fauveau de Frénilly.

D’abord, et bien qu’un peu hors sujet, je ne résiste pas à ces quelques mots sur Camille, écrits par son petit-fils :

« Mon aïeul, Charles-Camille, gentilhomme de la chambre de Charles X, passait pour un très joli cavalier, dansant à ravir avec les plus belles jambes de Paris, et, sauf ce détail minime, traversait assez inaperçu le monde qu’il adorait. » (1)

Fin d’une époque ? Sans doute ! La royauté hoquète mais la fidélité au trône est toujours de mise chez les Pimodan.

Reprenons le fil de l’histoire :

« [Georges de] Pimodan, après avoir passé de brillants examens à la Sorbonne, [fit] des études spéciales à l’Ecole de cavalerie de Neustadt [puis] vint rejoindre sa famille qui, après la Révolution de 1830, était venue se fixer en Autriche, pour y partager l’exil de la branche ainée des Bourbons. Ce fut par reconnaissance de la gracieuse hospitalité reçue qu’il y prit du service. » Source : Souvenirs des campagnes d'Italie et de Hongrie (2e éd.) – Par le Général de Pimodan – Extrait de la préface de A. de Crecy – Paris chez Dentu – 1861

En 1855, il quitte l’Autriche avec de brillants états de service mais aussi après s’être fait distinguer par l’Empereur d’Autriche. Il rejoint la France, refusant une promotion qui l’aurait obligé à changer de nationalité. Il ne badine pas avec l’honneur de la France !

Où a-t-il rencontré Emma ? Les bals et réunions mondaines sont fréquents. Alors ?... Toujours est-il que le couple est maintenant marié.

Buste d'Emma de Couronnel

Buste d'Emma de Couronnel

Le 16 décembre 1856 voit la naissance de leur premier enfant Gabriel de Pimodan qui sera tour à tour Saint-Cyrien, militaire, poète, écrivain et homme politique, et souvent le tout en même temps.

Mais cet heureux événement n’était pas de nature à conduire Georges à rester au foyer. Prenant prétexte du couronnement d’Alexandre II de Russie en Septembre, il entreprend un voyage en Russie sur les traces de la Grande Armée. Il explore les champs de batailles, rencontre des survivants, passionné qu’il est de la chose militaire et de la grandeur de la France. Le périple donnera matière à un livret de 31 pages intitulé « Notes sur la campagne de 1812 ».

J’imagine alors Emma de Couronnel restée seule à Paris passant son temps entre ses parents, sa famille et quelques amis.

Durant ces premières années de mariage, Emma et Georges « jouiss[ent] pleinement du bonheur et du calme de la vie de famille (Félicien Besset. 1860) (2).

En 1857, le comte de Chambord venait de perdre devant le tribunal de Wassy (52) un procès que lui intentait le fisc en revendication d’immenses forêts qu’il possédait sur Vierzon, en Champagne et particulièrement en Haute-Marne. Ces dernières étaient estimées à une valeur de 8 millions de francs. (Source : Journal d'Hippolyte Fortoul: Ministre de l'instruction publique et des cultes)

Fidèle au Comte de Chambord et afin de lui venir en aide, Georges lui rachète certains bois proches d’Echenay. Les terres Epinceloises du couple s’en trouvent accrues. Peut-être est-ce à cette occasion qu’Emma et Georges vinrent à Echenay cette année-là. Emma fut-elle séduite pas la campagne environnante et le château familial ? J’en suis sûr !

Et voilà où intervient le hasard dans mes recherches : J’ai pu faire, de façon fortuite, l’acquisition d’un dessin du château d’Echenay daté de 1857 et signé Emma. On peut sans trop d’incertitudes lui attribuer l’origine de celui-ci. La finesse du trait est remarquable et dénote d’une éducation artistique certaine.

Dessin du château d'Echenay à la mine et craie - Emma de Couronnel - 1857

Dessin du château d'Echenay à la mine et craie - Emma de Couronnel - 1857

Il s’agit de la vue de la façade sud, vue des prairies qui ont remplacé l’ancien étang. Voici, toujours par Claude Emmanuel, ce qui peut être considéré comme une légende exacte au dessin : « Les étangs devinrent des prairies, assez belles en été malgré l’abondance des colchiques et des joncs, mais rendues marécageuses en hiver par les eaux qui s’y débordent à plaisir pour reprendre leur ancien domaine. Des tilleuls favorables aux récoltes des abeilles bordèrent les avenues conductrices et couronnèrent la grande digue séparative des étangs d’aval et d’amont » (1). Les vaches croquées par « Emma » peuvent être celles de M. Garola, fermier locataire des terres du château, ou celles de M. Goldschmith qui lui succéda entre 1856 et 1861.

Il signale encore par ailleurs que « [son] père est assez peu venu à Echenay durant cette période » puisque le château familial n’était pas leur résidence principale. Les recensements de 1856 et 1861 n’indiquent d’ailleurs pas leur présence. Lors de leurs séjours champêtres, Emma partageait-elle son temps entre devoir maternel et dessin ?

En juillet 1859, Emma et Georges habitent un hôtel particulier de la rue de Lille à Paris où nait leur deuxième fils Claude Emmanuel déjà abondamment cité ici. « Sur le devant de cet hôtel s’élève un long bâtiment à 2 étages semblables, de telle façon que l’étage inférieur peut-être dénommé entresol ou premier, et l’étage supérieur premier au-dessus de l’entresol ou second ». La famille occupe l’étage supérieur. Cette « qualification amenait entre le concierge, les domestiques du locataire d’en dessous et les nôtres, des discussions protocolaires à faire pâlir mille chancelleries. » écrira-t-il plus tard. (1)

La famille n’y restera pas. Il rajoute : « J’avais quelques mois quand nous quittâmes la rue de Lille mais le souvenir des contentions passées survécut au déménagement. » (1)

L’année 1859 sera aussi marquée par la distinction d’Emma de Couronnel, devenue Dame de l’Ordre de la Croix Etoilée.

Haute dame Emma marquise de Pimodan, née marquise de Couronnel, après avoir fait selon les règles preuve de noblesse tant du côté de sa famille que du côté de celle de son mari, preuve reconnue exacte, a été en 1859, sous le n° 1132, nommée, par décision très gracieuse, dame de l'ordre de la Croix Étoilée; en foi de quoi est délivré le présent extrait du protocole de l'ordre.

A la chancellerie de l'ordre imp. roy. de la Croix Étoilée.

Vienne, le 15 mars 1890.

Le Secrétaire de l’ordre imp. roy. de la Croix Étoilée

G. F. BRANDIS (3)

L'ordre de la Croix Etoilée fut institué en septembre 1668. Il est destiné à récompenser les dames nobles qui se distinguaient par leur vertu, leurs bonnes œuvres et leur charité.

Mais 1860 sera l’année où tout bascule. Les événements de la péninsule Italienne occupent l’information et scandalisent le monde catholique. Georges ne peut rester indifférent. Coincé entre ses devoirs familiaux et ses principes, il opte pour ces derniers et quitte sa famille pour se mettre au service du Saint-Père. La devise de la famille n’est-elle pas « Potius mori quam fœdari » (Plutôt mourir que d'être déshonoré) ?

Emma de Couronnel respecte la décision de son époux et le laisse partir. Mais aurait-elle pu le retenir ...

23 ans plus tard(1883), un auteur, Ulysse Cornand écrira un drame en 5 actes et en vers qu’il intitulera « PIMODAN » et qui sortira chez l’imprimerie Clavel et Chastanier, 12 rue Pradier à Nîmes.

Il s’explique ainsi dans sa préface : « Si je me décide à mettre cette pièce au jour, je m’y sens poussé par le seul désir, et dans la mesure de mes faibles forces, de faire aimer et respecter la Religion sainte à laquelle j’ai le bonheur d’appartenir, et que l’on attaque à cette heure avec un acharnement incroyable ». Georges de Pimodan lui-même aurait sans doute pu écrire le même genre de phrase.

Dans la pièce de Cornand, Emma de Couronnel est devenue « Héloïse ». Symbolisme…. Cornand les connaissait-il intimement ou a-t-il juste été frappé du sacrifice de Pimodan pour l’Eglise ?

Georges de Pimodan quitte la France le 1er Avril 1860 et rejoint l’armée Pontificale laissant Emma seule avec leurs deux enfants en bas âge. Gabriel a 4 ans, Claude Emmanuel un an.

Le 18 septembre, il tombe sous les coups des Italiens à Castelfidardo dans l’assaut qu’il mène contre les troupes Piémontaises.

Emma se retrouve veuve, Gabriel et Claude Emmanuel orphelins. Elle fait preuve d’un remarquable maintien dans la douleur et ses traits de courage sont maintes fois commentés par la presse qui couvre copieusement l’événement. Cinquante ans plus tard, le journal La Croix écrira :

Amour des pères et des mères, dont on ne peut rien dire sinon qu’il est fait de feu et de sang ; du feu qui coule toujours par la blessure du cœur. Nous ne voulons citer aujourd’hui que deux mères : Blanche au XIIIe siècle et la comtesse de Pimodan au XIXe. [ ] La comtesse de Pimodan… Son mari vient de tomber sur le champ de bataille de Castelfidardo, pour l’honneur de la France et la liberté de l’église. Femme héroïque, mère sublime, elle prend son enfant dans ses bras, l’élève vers le ciel, s’écrie : « Et toi aussi, tu seras soldat » ! Source : Journal La Croix - Mercredi 13 septembre 1916

Et effectivement, les deux enfants seront « soldats » !

Plusieurs années plus tard, Claude Emmanuel écrira : « Après la mort de mon père, nous habitâmes l’hiver à Paris chez ma grand’mère de Couronnel (décédée en 1861) et passâmes les étés à Echenay. [ ] (1)

La vie s’écoule. « Ma mère, restée en deuil après la mort de mon père, voyait peu de personnes. Je retrouve cependant parmi mes souvenirs d’enfance les noms de la vicomtesse de Janzé, de la princesse Kitty Koudachef, du marquis de Montcalm, de la comtesse de Quesnay… [ ]. (1)»

En 1864, Emma de Couronnel fit le voyage à Rome, accompagnée de ses deux enfants. Elle y fut reçue par le pape Pie IX qui conféra le titre de Duc Romain à Georges de Pimodan et à tous ses descendants mâles.

5 ANS DE LA VIE D'EMMA DE COURONNEL - ECHENAY PARIS - 1855 1860

Emma de Couronnel entretiendra fidèlement le souvenir de son mari et s’éteindra le 8 mai 1917. A compter des années 1880, elle apparaitra dans tous les recensements de la commune (mis à part l’année 1906), preuve de son attachement pour Echenay.

Continua-t-elle de dessiner ?...

Sources :

  • (1) Simples Souvenirs 1859 1907 - Par le comte de Pimodan – A Paris chez Plon - 1908
  • Souvenirs des campagnes d'Italie et de Hongrie (2e éd.) – Par le Général de Pimodan – Extrait de la préface de A. de Crecy – Paris chez Dentu – 1861
  • (2) Le général de Pimodan – Par Félicien Besset – Paris chez Dentu 1860
  • (3) Titres de la maison de Rarécourt de La Vallée de Pimodan, vérifiés en 1766 par M. de Beaujon, généalogiste des ordres du Roi, avec continuation jusqu'à nos jours, par Roserot, Alphonse (1849-1932) - 1903.
  • Persée - Journal d'Hippolyte Fortoul: Ministre de l'instruction publique et des cultes sous le second Empire
  • Site « Collin du Bocage » – Commissaire-Priseur
  • Gallica
  • Archives Départementales 52
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ECHENAY VERS 1950 - Le château et l'église

19 Octobre 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay-Epoque Moderne

Quoi de mieux que les cartes postales anciennes pour voyager dans le XXeme siècle à peu de frais ?...

La mode de la carte postale à bord dentelé apparaît dans les années 1950.

Flash-back à Echenay dans ces années là...

ECHENAY VERS 1950 - Le château et l'église
ECHENAY VERS 1950 - Le château et l'église
ECHENAY VERS 1950 - Le château et l'église
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"MON FRÈRE" - AINGOULAINCOURT - 1907

20 Septembre 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ca s'est passé près d'Echenay

Mon Frère

Ta carte nous a fait bien plaisir de recevoir de tes nouvelles. Je t’en renvoie une de la grande rue d’Echenay. Pour le moment nous nous portons bien ainsi que la famille. Le mari de Marie fait ses 28 jours à Toul au 39 Artillerie.

Mon Frère nous vous embrassons tous trois bien affectueusement.

A Morlot

La carte postale est adressée à

Monsieur Morlot Paul

Capitaine en retraite

A Bletterans – Jura

"MON FRÈRE" - AINGOULAINCOURT - 1907

Il me semblait plus facile de démarrer l’enquête par le destinataire. Un militaire, ça laisse des traces ! Bien m’en prit. Quelques clics et je découvre un Paul Morlot, décoré de la Légion d’Honneur. Il est né à Germisay (52) (tiens, tiens !) le 11 août 1853 d’Hubert Morlot et de Virginie Maranger. Les documents de la base Léonore indiquent qu’il est décédé à Bletterans - Jura le 24 mai 1929. Matches !...

Quelques mots sur Paul Morlot. Le 6 janvier 1875, il intègre le 91e RI comme soldat. Dès lors débute son ascension militaire : Il sera en Juillet 75 caporal, en Avril 1876 sergent-fourrier, en Décembre 1876 sergent, en Novembre 1878, sergent-major et en Juin 1881, adjudant.

Ayant montré des dispositions pour la vie militaire, il entre le 21 avril 1884 à l’école militaire d’infanterie et en sort sous-lieutenant l’année suivante. Le 44e RI lui ouvre alors ses portes en 1885 et il devient sous-lieutenant Porte-Drapeau en 1888.

1889 le voit passer Lieutenant de ce même régiment avant d’être nommé Capitaine au 10e RI en 1896.

Mais c’est le 18 mai 1899 que Paul est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.

Source: Base Léonore

Source: Base Léonore

Bref, de quoi attiser la fierté de son frère A. Morlot.

Mais où peut bien être ce frère épistolier ?

Je cherche un village nommé Aing, Ding, Fing mais ne trouve rien. Un peu de découragement… Puis, d’un seul coup, vient l’éclair ! Aing, ce doit être Aingoulaincourt, village à deux kilomètres d’Echenay. Un petit tour virtuel aux AD de Haute-Marne et…. Matches !!!

Source: AD52 - Recensement Aingoulaincourt - 1906

Source: AD52 - Recensement Aingoulaincourt - 1906

Ainsi A. Morlot se prénomme Auguste et est cultivateur. La tâche n’est pas moins noble. Il est bien le frère de Paul et est né le 4 mai 1849. Peut-être aurait-il aimé être militaire lui aussi avec ce second prénom, Napoléon !

Je ne sais pas qui sont Marie et « le mari de Marie » mais les 28 jours dont il est question sont la période d’exercices que doit effectuer chaque réserviste pour être en règle du point de vue militaire. Il est bien possible que Marie soit sa fille et qui aurait quitté la maison familiale comme le montre le recensement de 1906. Mais ?

Voilà. Je crois bien que la carte postale de m’apprendra plus rien mais ce fut un plaisir.

Comme toujours…

Sources:

AD52

Base Léonore

Site Combattant.14-18

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DERNIER ÉTÉ POUR MARIE LOUISE AVANT LE MARIAGE - ECHENAY 1910

19 Septembre 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

CP ancienne avec tampon 15 Août 1910

CP ancienne avec tampon 15 Août 1910

Château d’Echenay

Haute-Marne

Chérie,

L’autre jour ayant l’auto, nous pensions aller te voir à Viry, mais on m’a dit que tu étais à Munich.

J’espère que tu fais un bon et beau voyage. Ecris moi si tu as le temps. Je suis à la campagne chez mon oncle de Pimodan.

Mille baisers. Maggy

Le courrier est adressé à

Mademoiselle d’Adda Salvatera

57 Avenue Montaigne Hotel Vierjahreszeiten

Paris Maximilianstrasse

Munich Allemagne

Cette carte postale, bien conservée, était pour moi une invitation trop forte pour que j’y résiste. Il me faut chercher !

Le « chez mon oncle de Pimodan » laisse évidemment penser qu’il s’agit d’une nièce de Gabriel de Pimodan. La recherche est rapide. Le frère de Gabriel, Claude Emmanuel de Pimodan, a eu six enfants dont une fille Marguerite qui doit donc être la signataire « Maggy ».

Marguerite « Maggy », ou plutôt Marguerite Léontine Emma Alix Marie comme il convient de la prénommer, est née le 29 avril 1889. Elle a donc 21 ans quand elle écrit cette carte à son amie.

La tâche n’a pas été compliquée à résoudre mais il reste la destinataire. Nous sommes dans le Paris mondain de ce début de XXeme siècle et je ne suis pas inquiet. Quelques clics et voilà :

Bottin-Mondain - 1808

Bottin-Mondain - 1808

Mlle d’Adda Salvaterra vit bien au 57 de l’Avenue Montaigne à Paris avec sa mère, Mary Hooper et son beau-père, le Comte Horace de Choiseul.

Marie-Louise d’Adda Salvaterra est née le 3 juin 1889 à Paris, de Paolo Carlo d’Adda Salvaterra et de Mary Hooper. Ses parents s’étaient mariés lors d’une cérémonie que le journal Gil Blas du 9 février 1888 qualifiait de « very select ». Comme témoins, pour le marié, l'Ambassadeur d'Italie M. Ménabréa, pour la mariée, Mr Mac-Lane, Ministre des Etats-Unis... Le Figaro du 31 décembre 1887 présentait Mary Hooper comme « l’une des plus charmantes jeunes filles de la colonie Américaine de Paris ». Hélas, le père de Marie Louise décède le 21 décembre 1889. Sa mère se remariera le 25 mai 1906 avec Horace de Choiseul.

Pour sa part, Marie-Louise d’Adda Salvaterra se mariera en 1911 avec Marie "Jacques" Jean Philibert THOMAS de PANGE.

Marguerite assista-t-elle au mariage de son amie ?...

Dix ans après avoir envoyé cette carte postale, Maggy convole à son tour.

Journal Le Gaulois – Jeudi 22 Avril 1920

Journal Le Gaulois – Jeudi 22 Avril 1920

Là encore, les amies d’antan sont-elles réunies ?

J’aurais pu en rester là mais je veux encore découvrir une ou deux choses…

Quel est donc ce Viry dont parle Maggy ?

Il s’agit de Viry-Châtillon où les Choiseul ont un pavillon, d’ailleurs nommé Pavillon de Choiseul, et dont une rue se nomme encore rue Horace de Choiseul.

DERNIER ÉTÉ POUR MARIE LOUISE AVANT LE MARIAGE - ECHENAY 1910

Reste l’hôtel de Munich…

Eh bien, il existe encore. En voici une photographie.

Hotel Vier Jahreszeiten - Munich - Allemagne

Hotel Vier Jahreszeiten - Munich - Allemagne

Marguerite de Rarecourt décédera en 1945 et Marie Louise d’Adda Salvaterra en 1977.

J’ai un regret...

Je n’ai pas pu retrouver l’auto !

Sources :

Gallica

Généanet

Delcampe

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